13/07/2023 – Respirer

Respirer. Je ne vous ferai pas l’affront de vous dire que « respirer, c’est la vie ». C’est aussi évident que banal. Mais allons plus loin sur les bienfaits de la respiration. Je souffre d’anxiété. Le diagnostic officiel, c’est Trouble Anxio-Dépressif, ou Trouble Anxieux Généralisé. J’ai même une ALD pour ça, un petit papier officiel de la Sécu qui dit que tous mes soins relatifs à cette maladie seront pris en charge à 100%.

Mais bref, ce n’est pas le sujet. L’anxiété, c’était ça l’important. Je parlais l’autre jour du réflexe « fight or flight » de la fibro. C’est un peu la même chose avec l’anxiété. Je démarre au quart de tour. Le fait d’avoir un cerveau plus rapide que la moyenne n’aide pas. C’est comme si, lorsque mon cerveau étudiait automatiquement tous les aboutissants d’une situation, il estimait systématiquement que le scénario le plus viable était aussi le plus catastrophique. Ça donne des choses du type « elle devait me rejoindre à la demi et je n’ai pas de nouvelles = elle a eu un accident de voiture et elle est morte », ou encore « mon mec m’a fait un reproche, ça y est il me déteste, regrette d’être venu vivre avec moi et va me quitter », etc.

Et c’est ça TOUS LES JOURS. C’est fatigant. C’est marrant comme les boucles se bouclent dans ce journal intime très public. Mais donc, la respiration, et respirer. Je ne dis pas que c’est un remède à mon anxiété (les antidépresseurs sont là pour ça), mais ça aide. Au sens où ça me laisse le temps de sortir de moi-même. D’observer la situation via un prisme objectif. Je sais que, dans 95% des cas, c’est mon anxiété qui parle. Ça ne l’empêche pas de démarrer au quart de tour, mais ça m’empêche, moi, d’agir en conséquence.
Respire. Evalue la situation. Est-ce que c’est une inquiétude rationnelle, ou un produit de l’anxiété ? La deuxième réponse ? Ok, alors respire et fais le tour des réponses plausibles. Est-ce qu’elle n’est simplement pas en retard, a du mal à se garer et va arriver ? Est-ce que ce n’était pas simplement une taquinerie de sa part, aussitôt dite, aussitôt oubliée, et dans 5 minutes il sera de nouveau ton pot de colle préféré ?

Ça m’aide aussi à communiquer. Je connais mon corps, je connais mon cerveau. Je suis à l’écoute de mes fluctuations : une crise de fibro, une anxiété en explosion ou des hormones en folie (coucou les cycles déréglés et l’hypothyroïdie). Alors respirer, ça m’aide à réaliser que, peut-être, si je réagis de telle façon à telle situation, cela vient de moi et pas de l’autre. Et simplement dire « en ce moment, je ne vais pas bien donc j’ai réagi de telle manière mais sache que 1/ ce n’est pas contre toi 2/ je ne te tiens pas pour responsable 3/ je sais pourquoi et je travaille à aller mieux pour moi-même », c’est aussi permettre à son entourage de gérer et de ne pas escalader les choses… ou ne pas vous autoriser à les escalader.

Suite du billet TMI (Content Warning : règles, sang)

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Puis tiens, tant qu’on parle d’hormones (ce billet va s’appeler « Tout jeter en vrac »), c’est l’heure d’une petite histoire. L’an dernier, suite à la pose d’un implant contraceptif initialement destiné à réguler mes cycles et à diminuer mes douleurs de règles, je me suis retrouvée dans la désagréable position d’un corps qui déclenche des règles permanentes. Au bout d’un mois, la sage-femme m’a dit « il faudrait attendre 3 mois, ça va se calmer, ça arrive ». Sauf qu’on ne parlait pas de spotting, mais des chutes du Niagara en règles. Pour un corps à tendance anémique, c’est pas fun. À la fin du deuxième mois comme ça, j’ai craqué et j’ai appelé ma généraliste qui a tout de suite décidé de me l’enlever. On a fixé un RDV le plus vite possible et paf, me voilà libérée-délivrée de la sale bête.
Sauf qu’entre temps et à force de douleur, j’avais atterri aux urgences gynécologiques (ce n’était pas mon premier passage là-bas, mais cette autre histoire de l’enfer peut attendre). Là, j’avais vu un gentil médecin, mais de son preuve aveu limité dans ses capacités diagnostiques. Il a fait appel à un collègue soit-disant plus compétent. Un jeune homme qui ne semblait pas connaître les coupes menstruelles, ce qui était pour moi une inquiétude sur ses compétences. Bref, après un examen compliqué et plein d’incompréhensions en tous genres que je vous épargne, ce médecin m’annonce que j’ai quelque chose qui s’appelle une adénomyose, mais qu’il n’est pas sûr et qu’il va garder le CD de mon IRM (précédemment passée à cause des mêmes douleurs de règles) pour la revoir avec sa supérieure en comité, et qu’il me rappellera après.

Je… n’ai jamais été rappelée. Quelques semaines plus tard, j’appelle les urgences gynéco savoir si je peux au moins récupérer mon dossier. J’ai fait quelques recherches Google sur l’adénomyose, et sans céder à une panique Doctissimo™, j’aimerais pouvoir discuter du problème avec ma généraliste, parce que j’aimerais bien faire des bébés et ça me questionne. Là, on m’annonce que le dossier va directement lui être envoyé, pas de souci, voyez avec elle.
S’ensuit plusieurs mois d’attente et de visites diverses et variées chez ma Gé préférée, avec à chaque fois la même question de fin de RDV : « mon dossier ? » « pas reçu ».
Finalement, elle m’encourage à simplement aller faire un suivi gynécologique à l’hôpital, au moins on sera sûres qu’ils ont mon dossier.

N’étant – à mon grand dam – pas une adepte du « j’y pense donc je le fais », j’ai laissé traîner encore quelques mois, jusqu’à ce que de nouveaux problèmes gynéco surviennent et me poussent à faire le nécessaire.

J’appelle donc l’hôpital, et j’explique : je suis venue aux urgences il y a quelques temps, le médecin devait me rappeler pour confirmer son diagnostic, il ne l’a pas fait, de nouveaux problèmes ont fait leur apparition et moi je voudrais faire des bébés et ça veut pas. La secrétaire médicale – très gentille au demeurant – accède à mon dossier.

« Il est marqué que vous deviez refaire le point avec votre généraliste pour passer une IRM pour un début d’endométriose. »

Ah. Première nouvelle. Je lui explique donc que cette information ne m’a jamais été communiquée, et que je suis déjà venue avec une IRM dont ils ont gardé le CD.

« Ah. Attendez. » Cette femme formidable et dévouée mène l’enquête. Il semblerait que la relecture de mon IRM ait bien eu lieu. Point. On en sait pas plus.
Problème, il y a trois mois d’attente pour les rendez-vous. Elle bidouille, elle triche, elle veut clairement faire de son mieux pour rattraper à elle toute seule les bourdes de mon dossier (vous aurez compris que je l’aime déjà).
Finalement, elle me trouve un rendez-vous le 31 juillet, et me laisse avec deux consignes : demander où est mon CD, et quelles sont les conclusions.

Vous imaginez fort bien que c’est le genre de choses qui :

  • me met en colère : pourquoi le médecin n’a-t-il pas géré jusqu’au bout en m’appelant pour faire le point ?
  • fait grimper mon anxiété au rideau. Dans ces moments là aussi, je n’ai qu’une chose à faire : respirer.

Et voilà, la boucle est bouclée sur le billet du jour. Comme d’habitude, pas de leçon, pas de morale à en titrer, juste mes pensées étalées en vrac.

Si vous me lisez : merci.

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