Là encore, je suis assez « Meh » sur ce prompt. TW : décès
Le thème était :
UNE SEULE PERSONNE PEUT GAGNER. QU’ARRIVE-T-IL AUX AUTRES ?

Dans la vie, il y a ceux qui gagnent, et ceux qui perdent. Jusqu’ici, un concept très simple à comprendre.
Ceux qui gagnent sont récompensés, mais les autres, alors ?
Ce qui avait commencé comme d’innocents jeux d’été, des Olympiades entre plusieurs familles qui se retrouvaient tous les ans au bord du même lac pour les vacances, avait très vite viré au drame.
Tout d’abord, il y avait eu le cas de Ludovic. Il avait perdu contre Suzie à la course en sac, l’épreuve du lundi. Mardi au petit matin, il était resté introuvable.
Une lettre sur son oreiller annonçait qu’il avait apporté la disgrâce sur sa famille et rentrait donc chez lui, ne méritant pas de finir les vacances avec eux.
Une réaction un peu extrême pour un simple jeu, mais après tout, parfois les adolescents peuvent être intenses.
Puis ça avait été le tour de Marie-Belle. Elle avait trébuché en transportant son œuf, qui s’était lamentablement écrasé sur le sol. Le lendemain matin, elle était retrouvée morte dans la cuisine, un emballage de Snickers sur le sol à côté d’elle. Elle était allergique aux cacahuètes, et personne ne put comprendre pourquoi elle aurait mangé la friandise. S’était-elle trompée dans le noir ?
En ce troisième jour, le moral commençait à retomber au sein des familles. Les Durand, parents de Marie-Belle, plièrent bagages, emportant leurs enfants loin du drame.
Après de longues concertations, les autres décidèrent de poursuivre leurs Olympiades. Cela leur donnerait peut-être du baume au cœur. L’épreuve du jour était le tir à la corde, et les deux familles restantes s’étaient affrontées. Seul le petit Enzo avait été autorisé à passer son tour, pour qu’un nombre pair de joueurs puissent s’affronter en dépit de l’absence de Ludovic.
C’est en son honneur que ses parents, frères et sœurs remportèrent le match haut la main et, quand l’aube se leva sur le jeudi matin, Enzo eut la surprise de découvrir que toute sa famille avait disparu. Le canot qu’ils aimaient utiliser pour une balade sur le lac errait à la dérive sur les eaux pourtant calmes.
La police arriva tard dans la soirée, accompagnée d’une assistante sociale qui emporta l’enfant avec elle.
Le fond du lac fut dragué sans succès. Le téléphone de Ludovic sonnait en permanence dans le vide. La famille partit se coucher abattue et traumatisée.
Le vendredi matin, on appris qu’un accident de la route avait coûté la vie à une famille de 5 personnes, habituées du Camp des Chênes. L’article ne donnait pas le nom, mais mentionnait la perte récente dont ils avaient souffert, une jeune femme de dix-neuf ans qui avait succombé à un œdème de Quincke.
Par mesure de sécurité, la famille Algide décida qu’ils resteraient enfermés dans leur cabanon jusqu’à la fin du séjour. Ils devenaient paranoïaques avec toutes ces disparitions. Et Ludovic ne donnait toujours pas de nouvelles.
Pour passer le temps, ils sortirent une vieille boîte de jeu qui prenait la poussière dans un placard. Un Trivial Pursuit aussi ancien que le Camp.
Ils jouèrent jusque tard dans la nuit : les questions étaient pour beaucoup datées, les réponses difficiles à trouver, laissant traîner la partie en longueur.
Finalement, c’est la petite dernière, Julie, qui remporta la partie par un étonnant tour de force. Il faut croire que sa passion pour les fleurs lui avait servi.
Ils partirent se coucher le cœur un peu plus léger. Demain soir, ils refermeraient la cabane et rentreraient chez eux. Peut-être même qu’ils la mettraient en vente. Il serait toujours temps de trouver une nouvelle maison de vacances pour l’an prochain.
Dans la nuit, un terrible orage éclata. La foudre s’abattit sur le grand chêne situé juste derrière la maison, fendant l’arbre en deux. Celui-ci s’écroula avec fracas sur le toit, écrasant sans peine l’habitation fragile.
Julie se réveilla le samedi matin, seule survivante d’un terrible drame. L’année suivante, le Camp fut démoli.
