05/07/2023 – Minuit

Je me trouve ces derniers jours dans une position étonnante. Ça m’arrive parfois – je ne vais pas te mentir et dire « rarement », c’est faux. Mon énergie fluctue beaucoup au cours d’une journée. Par exemple, je déteste les matins. Je n’aime pas me lever tard (disons max. 9h30), mais je reste un semi-zombie jusqu’aux alentours de midi. Puis je me dis que j’ai raté ma matinée, que je n’ai pas été suffisamment productive, alors je carbure à partir de midi. Là, ça varie, avec un coup de barre qui peut tomber à n’importe quel moment, à 14h, ou pour le goûter, ou à 17h et j’ai l’impression de me traîner. Et puis – paf – 18h, ça repart, et je suis hyper focus… jusqu’à 19h où je suis obligée de m’arrêter pour ne pas rater mon bus. Je DÉTESTE cet arrêt brutal qui me coupe dans mon élan. Puis le temps de rentrer, une nouvelle vague de fatigue me submerge. Parfois elle reflue, parfois non et malgré toutes mes bonnes intentions de m’y remettre ensuite, je n’y parviens pas.

Mais pas ces derniers temps. Ces derniers jours, j’ai un regain d’énergie à 22h. Quelle heure stupide pour avoir la pêche. Il fait nuit et les moustiques s’engouffrent si on a le malheur de laisser les volets ouverts (spoiler alert : tous les soirs on oublie de fermer les volets avant le drame qui vient faire ses bzz bzz désagréables dans nos oreilles). J’abats une quantité phénoménale de travail à 22h. Ce soir, par exemple, j’ai : traité toute la compta d’un client, préparé sa déclaration de TVA, répondu à ses propres clients. Puis, ne m’estimant pas satisfaite, j’ai traité la trentaine de mails qui attendaient dans la boîte mail d’un autre client, réglé pour lui quelques factures. Puis répondu à encore quelques demandes qui trainaient sur WhatsApp de clients qui n’ont aucune notion du fait qu’il s’agit de ma ligne perso et que zut à la fin, on envoie pas des demandes d’infos à 23h15. My bad, il faut dire que si je réponds à 23h45, ça ne leur donne pas de bonnes habitudes.

Et puis, et puis… L’idée d’aller me coucher m’a traversé l’esprit. Mais je vrombis sur ma méridienne, une jambe repliée sous l’autre, un pied sous les plaids, l’autre qui a trop chaud. Je « bouillonne ». Une sorte d’énergie nerveuse, de stress dont je n’arrive pas à identifier la source mais qui me maintient dans un état d’alerte. Je pourrais abattre des montagnes. Mais à quel prix ? Dois-je en profiter pour écrire un roman ? Non. Ce n’est pas une énergie créatrice. C’est une énergie destructrice, un feu qui me consume et me ronge. C’est presque un miracle que je parvienne à le canaliser pour tenter de cocher une longue liste d’items sur ma to-do.
Est-ce que vous avez déjà fait ça, vous ? Faire la liste de tout ce que vous avez fait dans une journée à posteriori. Vous démarrez avec un « je n’ai pas fait grand chose aujourd’hui » (la pensée qui m’a traversé tout à l’heure l’esprit alors que j’énumérais pour vous mes périodes d’énergie et de fatigue dans une journée : « mais enfin, si tu n’as la forme que 3h par jour, tu ne fiches pas grand chose ma cocotte ») et finalement, vous avez fait BEAUCOUP. Oserais-je dire TROP ? Mais pourquoi alors cette sensation de n’avoir pas été « productive », cette énergie qui vous empêche d’aller vous coucher alors même que, dans un coin de votre cerveau, une petite horloge fait tic tac tic tac pour vous rappeler que l’heure tourne et que les obligations du lendemain se rapprochent ?

Parce qu’il vous manque le SENS. Avoir fait quelque chose qui a du SENS. Du sens pour vous, entendons-nous bien. Quelque chose qui permet à votre cerveau de se dire « ok, cette journée a valu quelque chose. Nous pouvons aller nous coucher, maintenant ». Je vous propose plusieurs solutions :

  • prendre une demi-heure à une heure par jour pour justement faire quelque chose qui a du sens pour vous. Des exemples en vrac : dénicher votre prochain projet créatif à mettre en route ce week-end. Lire cette newsletter que vous gardiez précieusement sous la main pour quand vous aurez le temps. Caler un rendez-vous avec cette personne à laquelle vous pensez beaucoup ces derniers temps. Faire une action, une seule pour faire un pas vers ce projet pro qui vous fait vibrer
  • donner du sens à ce qui a été fait. Le « POURQUOI ». Pourquoi telle action est importante. Oui, j’ai fait 6h d’un boulot de simple exécutante qui ne me passionne pas et pour lequel je suis trop qualifiée. MAIS ces 6h vont me permettre de présenter une facture plus conséquente à mon client, et avec le chiffre dégagé, je vais pouvoir investir dans telle chose dont j’ai besoin. Je n’ai pas PERDU mon temps. J’ai posé une brique sur la route qui mène à mon objectif. J’ai donné du SENS à ma journée.

On relève le défi ? Prenez une feuille de papier, un cahier, une app de notes sur votre téléphone, et, tous les jours pendant une semaine, trouver le sens à donner à votre journée. Votre pourquoi. Aussi infime soit-il. Même si c’est « j’ai regardé cet épisode de cette série parce que je ne vais pas bien et j’avais besoin d’un peu de réconfort ». Vous n’avez pas rien fait, vous avez mené une action pour prendre soin de votre santé mentale. Ce n’est pas un exercice facile, et ça peut avoir l’air d’une forme d’auto-persuasion un peu factice. Mais peu importe : vous n’avez rien à perdre à jouer le jeu.

Alors, tu relèves le défi ?

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